Restauration d’œuvres d'art / Exposition / Galerie / Location d'espace
Cart 0

Les origines de la faïence et sa restauration

La faïence tient son nom de la ville de Faenza en Italie, située dans la province de Ravenne, où se trouve le (MIC) Musée International de la Céramique. Nom évocateur d'un art né au IXe siècle et florissant depuis la Renaissance, la faïence est une terre cuite à base d'argile est recouverte d'un émail ou d'un vernis et généralement à fond blanc.

On peut distinguer deux types de faïences :

1 - la faïence stannifère

Cette faïence est recouverte d'une glaçure à base d'étain, un engobe très couvrant et opaque qui masque la couleur d'origine de la pâte.

Les productions de Rouen, Samadet et de Bordeaux possèdent cette caractéristique technique. Les pièces sont plus épaisses et donc plus solides que celles en faïence fine et sont recouvertes d'un émail d'un blanc pur qui permet les décors les plus délicats.

2 - la faïence fine

Sa pâte est de couleur blanche ou ivoire et elle recouverte d'une glaçure plombifère, transparente. Sa finesse et sa blancheur évoquent celles de la porcelaine mais elle n'est pas translucide. La faïence fine est le support idéal des décors imprimés.

Les faïences de Delft font partie de cette catégorie de céramique qui imite la porcelaine chinoise dont la composition restait inconnue.

Il existe de la faïence fine feldspathique comme l'a inventée la manufacture anglaise Wedgwood en ajoutant à l'argile blanche du kaolin que l'on trouve habituellement dans la porcelaine. Et dans l'est de la France, à Luneville, on ajoute à cette recette anglaise de la craie rendant la pâte encore plus blanche, c'est la "terre de pipe".

C'est encore grâce aux anglais venus s'installer à Gien en 1821 pour y ouvrir une manufacture que la ville est devenue le lieu phare de la production de faïence fine en France encore en activité aujourd'hui.

Sur la faïence, on distingue trois types de décors

1 - Le décor imprimé

Apparu au XVIIIe siècle mais typique du XIXe, le décor imprimé à l'encre sur papier de soie est posé par mouillage sur la faïence à l'état de biscuit. Une fois le décor mis en place et détaché du papier, l'objet est émaillé.

Les productions de Creil-Montereau en sont la parfaite illustration avec des décors noir et blanc illustrant les monuments de Paris, l'histoire du Pape ou encore les assiettes à rébus.

2 - Le décor de grand feu

L'objet est cuit à basse température (500°C) puis recouvert d'un émail et c'est sur cet émail cru que vient se poser le décor à base d'oxydes métalliques sans repentir possible car la pâte est encore poreuse. Le décor est fixé quand la pièce est cuite à plus haute température (900°C). Les couleurs de grand feu sont peu nombreuses car peu d'oxydes supportent une telle température. Celles que l'on retrouve le plus souvent sont les bleu de cobalt, violet de manganèse, vert de cuivre et jaune d'antimoine.

3 - Le décor de petit feu

L'objet est émaillé et cuit. Les couleurs, à base d'oxydes métalliques sont mélangés à un fondant et cuites à basse température, permettant d'obtenir des rouges, des roses, des verts tendres, des ors. La technique fut employée d'abord à Strasbourg en 1750 et fut suivie par les autres manufactures, Delft, Moustiers, Rouen, Gien, Marseille, Quimper, Saint Clément...

La France a cette chance d'être un haut lieu de création de faïences.

Un trésor à conserver absolument !