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Matériaux, la Céramique : origine du mot et restauration

 

 

La céramique est le premier art du feu maîtrisé par l'homme depuis des millénaires, avant la métallurgie et le verre.

C'est un terme général qui regroupe tout ce qui est issu de l'art de la terre cuite : la porcelaine, la faïence, le grès, et la terre cuite sont des céramiques. A l'origine c'est l'argile, en grec Keramos, qui est visée par le terme céramique et ce mot désigne aujourd'hui un art, un matériau et un objet.

L'objet le plus ancien connu à ce jour est tchèque : la Vénus de Dolni Vestonice et date d'entre 29000 et 25000 années. La fabrication de la céramique est ensuite attestée par des témoignages matériels en Afrique au XIe millénaire avant Jésus-Christ, en Chine du sud au IXe millénaire, dans le reste de la Chine au VIIe millénaire, puis au Japon et au Moyen Orient à cette même période. 

De la terre à l'objet

La terre, manipulée et modelée par l'homme depuis la nuit des temps n'a eu de cesse de se transformer techniquement parlant. D'abord séchés au soleil, les objets usuels issus de la terre ont vite évolués grâce à la cuisson au feu de bois puis dans les fours.

La première technique de montage consistait en la superposition de colombins de terre lissés au doigt. Mais à la fin de la période néolithique, le tour fut inventé, permettant la production plus rapide et les formes plus lisses et plus variée de la céramique. De hautes pièces très fines appelée "coquille d’œuf" sont alors produits en Chine.

Au fil du temps, les terres poreuses et grossières sont devenues de plus en plus légères et imperméables suite à la mise au point des glaçures, couvertes et autres émaux.

Les différentes céramiques

Ce glossaire, illustré d'objets que nous avons restaurés, distingue les particularités techniques et esthétiques des matériaux céramique suivants : terre cuite - faïence - porcelaine - grès.

Terre Cuite

La terre cuite est une argile cuite. Ceci induit que c'est un matériau poreux. La terre cuite se cuit entre 400 et 900 degrés. Au-delà de 1000°, certaines argiles peuvent se déformer. On l'utilise depuis le Paléolithique supérieur pour la fabrication d'objets cultuels puis utilitaires. La civilisation romaine l'a par exemple beaucoup employée comme matériaux de construction (briques, tuiles...).

Sur ce site, vous pouvez voir bon nombre d'objets en terre cuite, utilitaires ou artistiques, dont les céramiques archéologiques du musée de Fécamp. Témoignage attestant qu'au IXe siècle en Normandie, l'homme fabriquait énormément d'objets usuels issus de la terre.

Par la suite, nombre d'artistes se sont illustrés dans l'art de la terre cuite. Beaucoup d’œuvres signées par Jean Baptiste Carpeaux sont passées entre les mains de nos restaurateurs. Mais aussi celles de Clodion, Carrier-Belleuse, de Wever, Peyre qui, se laissant séduire par la couleur de la terre cuite, la laissent brute afin d'exprimer à la fois les sentiments humains tout en tirant partie de l'aspect doux du matériau.

Enfin, la terre cuite peut devenir imperméable en recevant une couche d'émail, matière fondante se transformant à la cuisson en une protection vitreuse composée de différents minéraux.

 

Porcelaine

La porcelaine se compose de 30 à 50% de Kaolin (argile blanche qui donne sa couleur à la porcelaine), de feldspath (fondant permettant d'abaisser le point de fusion du kaolin situé à 1800°C) et de quartz (silice permettant la vitrification).

Selon le pourcentage de ces ingrédients, la porcelaine se cuit entre 1260 et 1450°C. 

C'est dons un matériau vitrifié, dure, translucide, fin et blanc. Ces caractéristiques sont bien visibles dans la production de bouteilles à liqueur de Robj.

Sans couverte, la porcelaine est un biscuit blanc et mate. La manufacture de Sèvres en a produit beaucoup comme la série des Grands Hommes exécutée par Boizot.

Quand elle est brillante, la porcelaine est revêtue d'une couverte composée de kaolin, feldspath et quartz, qui une fois fondus font corps avec la porcelaine. Tel est le cas des porcelaines chinoises Ming de l'ambassade de France au Portugal et du plat daté de la même période et décorée de dragons entrelacés.

Enfin, On distingue deux sortes de porcelaines : la porcelaine dure, qui une fois cuite est vitrifiée dans la masse et la porcelaine tendre qui, contrairement à la première, remplace le kaolin par un mélange de marnes calcaires et de sable. Cuite à 1260°C, elle est rayable à l'acier.

Faïence

La faïence est une terre cuite composée d'argile recouverte d'un émail.

On distingue deux types de faïences :

1) la faïence stannifère : recouverte d'une glaçure à base d'étain couvrante et opaque pouvant masquer la couleur de la pâte. Rouen, Samadet, Bordeaux sont des manufactures de faïences stannifères.

2) la faïence fine : sa pâte est blanche ou très claire et recouverte d'une glaçure transparente à base de plomb. Les pièces de Lunéville, Sarreguemines ou Saint Clément comme ce coq en barbotine, illustrent cette technique.

Il y a trois techniques de décoration de la faïence :

1) le décor de grand feu : la faïence est cuite à 500°, donc encore poreuse, puis recouverte d'un émail cru sur lequel on effectue un décor à base d'oxydes métalliques ne permettant pas de repentir. Le décor est ensuite fixé par une cuisson plus forte à 900°. La palette de couleur du décor de grand feu est peu étendue : vert, jaune, bleu, manganèse. La fontaine de Rouen, le plat de Bordeaux ainsi que les pièces de Samadet que nous avons restaurées possèdent un tel décor.

2) le décor de petit feu : la faïence est émaillée et cuite. Le décor se compose d'oxydes métalliques et de fondant cuits à basse température. Cette technique permet d'obtenir un large éventail de couleurs délicates et impossibles à obtenir avec une cuisson à 900°. Rouges, roses pastels, camaïeu de verts délicat, des oranges et de l'or. Voyez les couleurs obtenues avec cette technique sur le coq en barbotine, les émaux de Longwy ou cette pièce rouge vif composant l'un des totems d'Ettore Sottsass.

3) le décor imprimé : le plus récent, datant du XIXe siècle. Le décor est imprimé sur un papier de soie et se pose sur une faïence poreuse cuite à basse température. L'objet est ensuite émaillé à 900°.

 

Grès

Le grès est le matériau de l'ornementation architecturale par excellence.

A base d'argile plastique à forte teneur en silice, le grès se cuit entre 1200° et 1300°, température à laquelle il se vitrifie. Il en résulte une grande dureté et une résistance sans faille aux conditions climatiques et aux agressions chimiques.

Le grès peut être pressé, teinté dans la masse ou émaillé.

Utilisé comme décor de façade, le grès se prête aussi à la production d'objets d'art décoratifs les plus fins, notamment au Moyen Orient, et aux expérimentations chromatiques délirantes avec les céramistes de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle comme Lachenal, Decoeur, Massier, Jouve, Jean Marais dont vous pouvez voir sur ce site les exemples merveilleux d'une production à la fois romantique et épurée.